La Thaïlande, une ode à la lenteur

« Take your time ». Trois petits mots juxtaposés – a priori sans grande importance – qui pourraient bien, à eux seuls, résumer mon inoubliable expérience thaïlandaise. Plus qu’une injonction, il s’agit d’une véritable philosophie de vie. Rien n’est, en ce pays, plus précieux que le temps et les Thaïs n’apprécient guère qu’on les presse. Un impératif mille fois entendu qui pourrait bien s’apparenter à une insatiable soif de vie. Accorder une place prédominante à la lenteur dans notre quotidien, c’est donner plus d’espace à la liberté. Et cela pourrait bien être contagieux car après seulement un mois de voyage à vadrouiller de villes en villages, nous avons décidé de faire de ces trois petits mots notre nouveau mantra. Que ce soit au niveau de nos travaux ici et là, ou bien encore de notre manière d’appréhender chacune de nos visites, nous avons appris à lâcher prise et à ralentir. Nous n’avons peut-être pas coché toutes les cases des sites incontournables à visiter dans ce fabuleux pays, ni même mené nos projets respectifs comme nous le souhaitions mais nous avons été inspirés par des gens extraordinairement ordinaires et par la bienveillance qui émane de ce peuple policé, courtois et hautement spirituel. Un mois de leçons de vie accumulées dans nos bagages qui nous rappelaient au quotidien que nous Occidentaux, impatients même en voyage, nous devions prendre le temps de contempler ce qui nous entoure et d’en saisir la beauté. Marcher lentement, être attentif, regarder en l’air, s’émerveiller devant l’architecture majestueuse d’un temple planté au milieu de nulle part, être silencieux face à la délicate peinture qu’offrent des montagnes verdoyantes ou des lagons cristallins, découvrir des fêtes de villages joyeuses loin des zones touristiques, se laisser bercer par la douceur des fleuves, avancer dans les pas des bonzes, les regarder méditer dans un train, observer les Thaïs cuisiner avec attention, faire du sport en cadence, rire à gorge déployée, s’arrêter puis reprendre la route. La liste des petites découvertes trépidantes que nous avons pu faire en ce magnifique pays me semble infinie. Je me souviendrai de ce peuple doué pour le bonheur, fier et orgueilleux. Et de ces sourires, oui, ces sourires ! Ils ne démentent pas la réputation du pays. Ce mois passé en Thaïlande, première étape de notre voyage, aura été imprégné de délicatesse, de joie sincère et de raffinement.

Notre itinéraire d’un mois en Thaïlande :

CARTE THAILANDE

  1. Bangkok
  2. Sukhothaï
  3. Phitsanulok
  4. Chiang Maï
  5. Chiang Raï
  6. Mae Saï
  7. Lampang
  8. Bangkok (en transit)
  9. Koh Kood
  10. Bangkok (en transit)

Dans cette logique de lenteur, nous avons fait le choix de privilégier la qualité à la quantité. Par manque de temps, nous nous sommes concentrés sur une zone géographique bien précise. Notre itinéraire peut donc sembler assez réduit car nous ne sommes pas allés dans le Sud du pays mais cela nous fera une jolie excuse pour revenir en Thaïlande !

Les passages secrets

L’image que se font les étrangers de la Thaïlande se réduit bien trop souvent aux fêtes houleuses qui se produisent dans sa capitale ou sur ses plages de rêve. Bien sûr, cette facette du pays existe bel et bien. Mais elle me semble tellement infime et fade face à la richesse culturelle qu’offre ce pays grand comme la France. Heureusement, il existe encore des passages que l’on peut emprunter en Thaïlande, des petits pas de côté, des endroits encore préservés du tourisme de masse et de ses dérives. On y trouve alors  souvent des villes chargées d’histoire, des paysages grandioses et des habitants follement accueillants.

Sukhothaï
Les ruines de Sukhothaï
Doï Suthep
La vue depuis le Pic de Doï Suthep
Thai market - street food
L’un des nombreux marchés du pays
Koh Kut
Un village de pêcheurs sur l’île de Koh Kood

Et le projet initial des « Voix Vibrantes » dans tout ça ?

Lorsque nous avions pris la décision de faire ce voyage, nous souhaitions mener un projet musical et solidaire. Très vite, la vie sur la route a quelque peu modifié nos plans initiaux. Premièrement, il nous a fallu un temps d’adaptation avant de nous habituer à notre nouvelle vie de nomades. Faire son sac tous les trois jours, changer de décor et de lieu, amène malheureusement le voyageur à rester un peu en surface. Il nous a rapidement paru difficile de nous engager en un laps de temps aussi court. Nous étions alors sans cesse confronter à un dilemme de taille : continuer à voyager à travers le pays ou poser nos valises à un endroit précis pour nous investir dans une mission. Car la deuxième option demande de la rigueur et du temps, éléments majeurs qui nous faisaient défaut. J’ai très vite ressenti une forme de frustration car je n’arrivais plus à trouver un sens à mon voyage et je remettais en question l’intérêt de mon projet. Est-ce que les deux étaient conjugables ? Je n’ai pas encore trouvé la réponse mais l’écriture sur ce blog a pris naturellement une autre trajectoire. A défaut de donner la parole intégrale à des acteurs du changement, j’essaye modestement de retranscrire quelques bribes de mes impressions et des rencontres fortuites mais inspirantes de personnes que je croise sur mon chemin. Après plusieurs tentatives infructueuses de mises en relation avec des porteurs de projets, j’apprends à laisser les liens humains se tisser d’eux-mêmes, à ne pas les rechercher car ils sont par nature imprévisibles.

bangkok-klong_toey
Les élèves de la Khlong Toey Music Program à Bangkok

Un mois sur la route, ça change quoi ?

Il y a parfois des décisions que l’on prend au cours de notre vie qui coulent de source. A peine arrivée à Bangkok, j’ai ressenti un voile de légèreté s’étendre sur moi comme si je venais de me débarrasser d’un poids superflu. Etre sur la route, c’est comme si après des années à porter des chaussures trop petites on nous autorisait à marcher pieds nus. C’est la liberté totale, absolue. Ce n’est certes pas facile tous les jours mais c’est un levier magique pour nous dépasser et donner un coup de pied à nos certitudes. Chaque jour apporte son lot de découvertes et de défis.

DSC00324

Ma chère Thaïlande, je te remercie pour l’accueil chaleureux que tu nous as réservé. Je souhaite retenir de mon premier mois de voyage au cœur de tes villes et villages, l’extrême gentillesse de tes habitants, l’insolente beauté de tes paysages, le goût exquis de tes petits plats, la spiritualité qui s’échappe de tes temples, les agréables promenades quotidiennes dans tes charmantes ruelles, la bouillonnante et passionnante histoire de ton pays. Du fond du cœur, Merci.

Khop Khoun Kha !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s