Kampot, l’amicale

Nous filons à toute vitesse sur la terre poussiéreuse, traversant à moto villages et plantations. Taïssa et Jan se trouvent tout devant, suivis de près par Sara et Paul. Manel et moi fermons le cortège. Le soleil d’un rouge éclatant en face de nous semble nous indiquer le chemin. Le vent vient nous caresser délicatement, rafraîchir nos peaux brûlantes. Ce moment a une saveur particulière, un goût délicieux. Serait-ce la Liberté ? Pleine et entière. Je tente de retenir cet instant comme le ciel retient le jour ce soir-là.

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Nous sommes à Kampot, une petite ville située au sud du Cambodge. Si elle ressemble en de nombreux points à la ville de Chiang Maï en Thaïlande (dont je disais peu de bien à l’époque) pour son côté très touristique et artificiel, Kampot m’a quant à elle immédiatement charmée. Ce qui prouve une nouvelle fois qu’en voyage tout est une question de contexte et de disposition. Après deux mois de vadrouille, j’étais peut-être plus encline à accepter et à apprécier des touches d’Occident sur ma route. Ou peut-être que la présence des deux couples que nous avions rencontrés dans les temples d’Angkor et avec qui nous avons voyagé ici ont rendu ce séjour plus agréable. Nous y avons passé ensemble cinq jours formidables, placés sous le signe de la détente et de la joie. Il faut dire que la ville de Kampot s’y prêtait bien. Avec ses cafés colorés, ses restaurants français et portugais, son immense marché, ses cours de yoga, sa rivière fraîche, ses immeubles accueillants et sa nature fascinante, la paisible bourgade a su nous retenir plus longtemps que prévu dans ses filets.

Kampot houses

Le poivre de Kampot

Champ de poivre

Kampot étant célèbre pour son poivre, nous ne pouvions pas la quitter sans avoir visité l’une de ses plantations. Nous choisissons donc de nous rendre à La Plantation, la plus grande de la région (20 ha) dirigée par un couple franco-belge depuis 2013. Pendant près d’une heure, nous avons eu le droit à une visite gratuite des champs ainsi qu’à une dégustation complète des différents poivres produits sur place. Je n’imaginais pas qu’il puisse exister une telle variété de poivre. Instructive et ludique, cette visite nous a également permis d’en savoir un peu plus sur la dimension écologique (pas de traitements chimiques utilisés) et sociale du lieu (des conditions de travail décentes garanties pour les ouvriers et un programme d’aides scolaires attribuées à leurs enfants).

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Les marais salants

Si Kampot est connue pour son poivre, elle l’est en revanche beaucoup moins pour son sel. Et c’est bien dommage car elle offre la possibilité pour ceux que cela intéresse d’apprendre les secrets de sa fabrication. Il faut également avouer que les marais offrent un paysage des plus photogéniques.

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Kep, la locale

Située à trentaine de minutes de Kampot, la ville de Kep a pourtant un visage bien différent de sa voisine. Créée en 1908 par les Français sous le doux nom de Kep-sur-Mer (ne pouvait-on pas faire plus français comme appellation ?) fut une petite station balnéaire très prisée des cambodgiens dans les années 1960 avant d’être envahie et partiellement détruite par les Khmers rouges. Un quartier entier de la ville où se trouvaient autrefois de nombreuses résidences construites sous l’occupation française a été incendié. Certaines maisons à moitié calcinées mais qui tiennent encore curieusement debout témoignent aujourd’hui de ce tragique épisode de l’histoire.

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Aujourd’hui, la ville de Kep reprend progressivement forme. Les cambodgiens y sont revenus, y vivent de nouveau de la pêche au crabe et viennent profiter de la plage le weekend entre amis et en famille (loin des touristes). Nous nous sentons tellement privilégiés de pouvoir assister à ce moment de vie simple. Attablés en cercle sur des nattes autour d’un appétissant pique nique, voilà comment les familles cambodgiennes passent leur samedi et leur dimanche après-midi à rire en cœur.

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Nous profitons également du calme ambiant pour aller faire une jolie ballade de trois heures dans le parc national de la ville. Un chemin balisé de 8 km qui nous offre des vues panoramiques à tomber par terre. Ainsi que des rencontres un peu spéciales, comme des serpents … On en profite pour faire le plein de vert et pour respirer un bon air frais !

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De retour près de la mer, nous ne pouvons résister à la dégustation du plat local : le crabe au poivre vert de Kampot. Un délice pour les yeux et les papilles !

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Kampot, tu fus une parenthèse enchantée. Après la bouleversante Phnom Penh, tu nous as apporté la chaleur humaine dont nous avions terriblement besoin. Tu es naturelle, tendre, paisible et si amicale. Merci pour les moments de détente que nous avons pu avoir dans ta région, pour nos escapades dans ta nature vierge, pour les longues conversations à refaire le monde dans tes cafés le soir, pour l’odeur vanillée de tes baguettes encore chaudes, pour les promenades silencieuses et reposantes le long de tes berges, pour tes couchers de soleil éblouissants, pour ces instants magiques où nous pouvions simplement être présents, à regarder les cambodgiens heureux au bord de l’eau. Tu fus notre petite douceur, notre plus jolie récompense pendant notre voyage.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. galswind dit :

    Kep-sur-mer ça me fait vraiment trop rire. En effet on ne peut pas faire plus francais! Cette petite halte semble apaisante et surtout reposante. Moi même elle me fait du bien après avoir lu l’article sur le massacre Khmer.

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